De l'Agglo à l'Aisne, la nouvelle étape du parcours de Bruno Walter

Publié le par Paisible

samedi 11.10.2008 - La Voix du Nord
















Ancien journaliste à Maubeuge, ex-chef de la communication à l'Agglo sambrienne, Bruno Walter a pris la direction de l'Aisne et du cabinet du président du conseil général. Un département que cet éternel jeune homme de 40 ans connaît bien : au cours de sa carrière, il a plusieurs fois fait l'aller-retour entre le Nord et l'Aisne, au gré de ses différents métiers. Retour sur un départ.

 

PAR VINCENT TRIPIANA

vtripiana@lavoixdunord.fr

Disons-le tout net : c'est parce que Rémi Pauvros est devenu président de l'Agglo que Bruno Walter est parti. Sans nouvelles après l'élection du 19 avril, celui qui était le responsable de la communication depuis le 1er janvier 2006 appréhendait la suite. «  Rémi Pauvros ne m'a jamais répondu. Il fallait que je me décide. J'ai vu comment se passaient les premières semaines avec la nouvelle équipe et j'ai compris que je ne pourrais pas travailler avec eux. Avec Bernard Baudoux, je pouvais travailler parce qu'on me demandait de faire un journal au service des gens. Je ne faisais pas un journal de propagande politique. » Sans réponse, Bruno Walter envoi sa lettre de démission. Aucun effet : «  Personne ne m'a contacté. » Sa décision est prise : il répond favorablement à une proposition du conseil général de l'Aisne, faite après l'élection d'avril. Il est désormais membre du cabinet du président du Département, rédacteur en chef du Journal de l'Aisne.

«  Quand tu travailles pour un élu, tu es au service de l'élu, explique-t-il. Mais j'ai besoin d'une relation de confiance, qu'on me prenne pour mes qualités et mes défauts, en me laissant faire mon travail. Je ne peux pas participer à un phénomène de cour.

Il ne faut pas oublier non plus que les élus sont au service du citoyen. Ils sont en CDD ! À Maubeuge, ce n'était pas la peine de se fâcher, il valait mieux partir. Avec une proposition, je serais peut-être resté. » Pour être complet, rappelons que Bruno Walter était également membre du conseil d'administration de la Maison du tourisme. Et qu'il en a été évincé de façon cavalière : «  On ne m'a même pas prévenu que j'avais été viré. On est plusieurs dans ce cas-là. » Ambiance... Direction l'Aisne, donc. Un département qu'il connaît bien, pour y avoir été journaliste et rédacteur en chef. Ses parents, originaires de Bourgogne, ont d'ailleurs commencé dans l'Aisne. «  J'ai un rapport curieux avec ce département ». Après ses débuts à L'Yonne Républicaine et des études à l'IUT de journalisme de Tours, c'est dans l'Aisne que commence sa carrière.

Chauny, Ternier, La Fère. Puis c'est La Voix du Nord à Douai, Fourmies, Avesnes, Lens, Béthune, Douai encore et Maubeuge, en 1993. Bruno habite l'immeuble Lecluyse avec Michel Cornelise, ancien champion cycliste.

Le Nord est une révélation pour ce Bourguignon : «  Quand tu n'es pas du coin, c'est particulier. J'ai tout de suite compris, à Douai, en découvrant les corons. À Auxerre, il n'y a pas d'usine ! Je ne comprenais pas le patois. Et il y avait plein de gens dans les rues ! J'étais dans un autre monde, c'était punk, j'étais dans un roman, dans un film contestataire britannique, comme dans l'Angleterre de Thatcher. Je ne savais pas qu'il y avait ça dans mon pays. Et là, je me suis dit : "Pourquoi suis-je journaliste ? Pour témoigner !" » Il commence avec le licenciement de 460 salariés à Jeumont Industrie. Pas mieux pour découvrir la condition ouvrière de l'époque... Jusqu'en 2000, il témoigne ainsi de la vie dans le Nord. «  Je suis resté parce que j'adore le polar. Ici, on est quand même dans la merde noire ! Les gens ne s'en rendent pas toujours compte. Tant que ce sera comme ça, je reste. Michaël Moore (l'auteur de Roger and Me, Bowling for Columbine...), il reste dans le Michigan ! C'est ça mon rôle. » Seul hic : le racisme. «  Les gens d'ici sont sympathiques. Mais il y a un racisme effrayant aussi. » Du coup, il passe une nuit de Ramadan, «  pour montrer que ce n'était pas dangereux ». «  On doit être citoyen, aussi. La neutralité s'arrête lorsque des choses ne sont pas négociables. » En 2000, Bruno Walter devient journaliste indépendant. «  Je me suis éclaté. » Il travaille notamment pourLe Vrai Papier journal de Karl Zéro. Une liberté de ton, maîtrisée : «  Tout ce que j'ai appris en locale, ça me sert. Le respect du lecteur, d'abord : il faut penser à lui, pas à toi. Il faut lui donner de l'info et du plaisir. Et rendre les papiers à l'heure ! » Cinq ans plus tard, Bernard Baudoux lui propose la direction de la communication à l'Agglo. «  J'ai longtemps hésité. Quand j'ai pris ma place, je n'ai pas voulu reprendre ma carte de presse. Je ne suis plus journaliste. C'est le journal des bonnes nouvelles ! J'ai parlé du territoire, de façon positive. Mais je n'ai eu aucune demande de politiques. » Encore moins de reproches, malgré sa façon bien à lui de traiter l'information institutionnelle : l'Agglothérapie, le roman-photo («  Le Mystère de la Sambre jaune » !), le rapport d'activité en forme de nuancier, c'est lui. Dans l'Aisne, l'esprit semble identique : «  Il y a un édito du président, c'est tout. On pense aux gens, pas aux élus. » Tant mieux pour les Axonais, tant pis pour nous. Parce que l'Aisne, c'est loin. Surtout par la RN2... •

Publicité

Publié dans Départs

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article